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La Garçonne .
 

   C’est un patrimoine aussi insoupçonné que fascinant : quelques saisons de mode, au cœur des années folles, croquées pour le couturier Redfern entre 1924 et 1927.
    On doit ces merveilleux dessins – femmes longilignes, débarrassées des chapeaux monumentaux d’avant 1914, vêtues de souples drapés à ceinture basse et jupe courte – à Yvonne Vignier. Sa fille Françoise, archiviste et académicienne, a conservé précieusement ces témoignages d’un temps où Paris dansait sur un volcan.
   Ils consonnent étrangement avec un roman d’alors qui fut à sa parution, en 1922, un énorme succès de scandale : La Garçonne, de Victor Margueritte. Ce dernier fut d’abord militaire puis, à partir de 1896, se consacra à la littérature. Son œuvre abondante s’inspire essentiellement de questions sociales, plus particulièrement de l’émancipation de la femme. " La Garçonne " le fit radier de la Légion d’honneur !
   L’écrivain Michel Lagrange observe : « On ne doit pas lire La Garçonne avec des yeux et un esprit de 2011, blasés par les audaces d’une littérature de bas étage. En 1922, Margueritte crée le scandale en décrivant la révolte d’une grande bourgeoise contre sa caste, puis sa descente aux enfers dans un milieu sans tabou, où elle se livre aux débauches de

l’alcool, de la drogue, de la sexualité effrénée, avant de remonter à la lumière en une renaissance inspirée par l’amour et le dépassement de soi. »
      Rien d’étonnant à ce qu’un tel roman ait été sans délai utilisé par le cinéma. Dès 1923,
La Garçonne donnait lieu à une première adaptation. Le metteur en scène s’appelait Armand du Plessis, comme Richelieu ! Le rôle-titre était tenu par une vedette du muet, France Dhélia. Cette première version semble perdue. La deuxième adaptation est de 1936 ; elle est signée Jean de Limur, honnête réalisateur de films dits commerciaux. La Garçonne, c’est Marie Bell, grande dame du théâtre que le cinéma a tout de même intéressée, si l’on en croit sa filmographie, qui compte plus de trente films parlants.
     Colette écrivait de Marie Bell : « Elle inspire tout sauf l’indifférence. Distraite parfois, et comme absente de l’action, elle y rentre par coups d’éclat, brille d’un feu et d’un pathétique exceptionnels, et retrouve son accent convaincant. » Autour d’elle, on retrouve dans la distribution un Henri Rollan au jeu aussi carré que sa mâchoire, ou une certaine Arletty.
     La troisième version, sortie le 15 mai 1957, est signée Jacqueline Audry, sur des dialogues de Marcel Achard. On ne badinait pas alors avec la morale : le film était interdit aux moins de dix-huit ans ! Le rôle-titre était dévolu à Andrée Debar qui, en 1955, avait joué dans Hernani pour le festival des Nuits de Bourgogne. Comme actrice, sa carrière fut assez brève, s’étant lancée dans la production du temps qu’elle était l’épouse de Roger Duchet, le maire de Beaune, plusieurs fois ministre et lui aussi producteur. Dans le film de 1957 apparaît une pléiade de très bons acteurs comme Fernand Gravey, Jean Parédès et aussi Claude Rich, lequel tournait encore récemment en Bourgogne, à Meursanges, dans le film
Dix jours en or
 
Victor Margueritte. La Garçonne. 1922
 

 La garçonne. Victor Margueritte. Préface de : Yannick Ripa
Genre : Littérature française
Collection : Petite Bibliothèque Payot. Numéro : 903
Poche. 320 pages.Paru en : Février 2013. Prix : 8.65 €
GENCOD : 9782228908450. I.S.B.N. : 2-228-90845-2
Editions : Payot

"Ils n'échangèrent pas un mot. Ils se regardaient, complices. Et brusquement, il la suivit, comme un toutou."

Monique Lerbier est heureuse : elle épousera bientôt l'homme qu'elle aime. Un soir, pourtant, elle le surprend en compagnie de sa maîtresse. Humiliée, elle se venge avec le premier venu, puis, au lieu de rentrer dans le rang comme ses parents le lui intiment, elle décide de prendre en main son destin et ses amours.

     Avec gourmandise, curieuse de tout, Monique va alors multiplier les expériences émancipatrices, avec des femmes comme avec les hommes qu'elle ravale au rang de simples reproducteurs ou de " belles machines à plaisir "...
    Si les femmes ont commencé à se couper les cheveux " à la garçonne ", c'est grâce à ce roman de 1922 qui fut le plus grand best-seller des Années folles. L'énorme scandale qu'il déclencha valut également à Victor Margueritte (1866.1942) d'être radié de la Légion d'honneur.
 
    La Garçonne est un roman publié en 1922 par Victor Margueritte : une jeune femme Monique Lherbier apprenant que son fiancé la trompe décide de mener à son tour une vie libre, avec des partenaires multiples aussi bien masculins que féminines.

    Bien que le thème ne surprenne pas spécialement aujourd'hui, il était considéré à l'époque comme choquant, à un point tel que Victor Margueritte se vit retirer sa Légion d'honneur à la suite du scandale causé : le livre sortait dans une France se relevant à peine de la Grande Guerre, et où existait un lourd déséquilibre démographique (10 % environ) entre les deux sexes, déséquilibre susceptible de créer quelques tentations tant chez des maris davantage sollicités que chez des femmes seules.

     Rapidement traduit en plusieurs langues (en anglais en 1923 par Alfred A. Knopf), des adaptations au théâtre et au cinéma prolongèrent son succès pendant dix ans (20 000 exemplaires vendus les quatre premiers jours de sa sortie, 750 000 exemplaires vendus en tout).

 Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Gar%C3%A7onne
 
     De nombreuses scènes du roman se situent dans des dancings, avec salle de danse et salons privés. Le tango a une place importante dans le récit, surtout dans la première partie. Il est dépeint comme un attribut essentiel de la haute bourgeoisie. Il est baigné de sensualité et même d'érotisme. Pour l'héroïne, c'est la marque de son émancipation sexuelle.
    Quelques citations révélatrices :
- p.44 [Contexte : fin de la guerre de 14] " Et dire que pendant ce temps, embusqués, rescapés et spectateurs mènent tranquillement et frénétiquement la grande nouba ! On s'accouple et on tangue, on tangue et et on s'accouple, à Deauville ! ".
- p.98, le tango sert de musique de fond pour la scène où l'héroïne découvre l'infidélité de son fiancée.
- p.148-150, une scène de danse franchement érotique.
- p.157. Le personnage estime qu'un danseur nu conviendrait parfaitement pour un tango...
 
     De nombreuses scènes du roman se situent dans des dancings, avec salle de danse et salons privés. Le tango a une place importante dans le récit, surtout dans la première partie. Il est dépeint comme un attribut essentiel de la haute bourgeoisie. Il est baigné de sensualité et même d'érotisme. Pour l'héroïne, c'est la marque de son émancipation sexuelle.
    Quelques citations révélatrices :
- p.44 [Contexte : fin de la guerre de 14] " Et dire que pendant ce temps, embusqués, rescapés et spectateurs mènent tranquillement et frénétiquement la grande nouba ! On s'accouple et on tangue, on tangue et et on s'accouple, à Deauville ! ".
- p.98, le tango sert de musique de fond pour la scène où l'héroïne découvre l'infidélité de son fiancée.
- p.148-150, une scène de danse franchement érotique.
- p.157. Le personnage estime qu'un danseur nu conviendrait parfaitement pour un tango...
 
  Victor Margueritte, né à Blida (Algérie) le et mort à Monestier (Allier) le , est un romancier et auteur dramatique français.

Fils d'un héros de la guerre de 1870, frère de Paul Margueritte et petit-cousin par sa mère de Stéphane Mallarmé, il s'engagea en 1886 dans les Spahis, avant d'entrer en 1891 à l'École militaire de Saumur où il devint lieutenant de dragons. En 1896, il donna sa démission pour se consacrer à la littérature.

Il se montra préoccupé des questions sociales et fut un ardent défenseur de l'émancipation de la femme ainsi que du rapprochement des peuples. Il collabora notamment à La Revue contemporaine d'Édouard Rod. Il soutint des opinions sociales de plus en plus avancées et collabora aux journaux et périodiques dans la mouvance internationale et communiste. La publication en 1922 de son brûlot La Garçonne, lui valut de se faire retirer sa Légion d'honneur. Rapidement traduit en plusieurs langues, le personnage Monique de son roman choqua la société de l'époque mais des adaptations au théâtre et au cinéma prolongèrent son succès pendant dix ans.

De 1896 à 1908, il collabora à toutes les œuvres de son frère Paul qui parallèlement publiait des ouvrages sous son seul nom. Il devint Président honoraire de la Société des gens de lettres.

Victor Margueritte fut un hôte assidu de Sainte-Maxime, dans le Var. Vers 1920, il acheta grâce aux droits d'auteur de La Garçonne (750 000 exemplaires vendus), une vaste propriété qui partait de la mer et montait au sommet de la colline de Meinier, magnifiquement exposée au midi et ancien oppidum ligure. Il la baptisa « Le Clos de la Madrague » en souvenir des pêches au thon qui se pratiquaient devant la propriété quelques années auparavant. Le cadre, les plantations, la vue, les meubles : tout y était admirable et réalisé avec un goût exquis. L’écrivain résida dans son belvédère avec sa seconde épouse jusqu’en 1938. Les Maximois qui le connurent le décrivaient comme un homme portant beau, toujours impeccablement habillé et qui fut fortement affecté par cette affaire de Légion d’honneur retirée.

 Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Margueritte
 
La Garçonne, dans le cinéma
 
 La Garçonne
  1923. France/Belgique. De Armand Du Plessy.
  Autre titre " Anne Corlac ". Interdit par la Comission Nationale de Censure Française, pour " attouchements indécents " et " danses lubriques ". Adapté du livre " La Garçonne ", de Victor Margueritte. Avec France Dhelia. Une scène de danse.
 
 La Garçonne
  1936. France. De Jean de Limur.
  Autres titres " Jalousie ", " Amour sans lendemain ". Sortie le 28/02/1936. LM. 1h 35'. Deuxième adaptation du livre " La Garçonne ", de Victor Margueritte. Avec Marie Bell, Arletty, Suzy Solidor, Edith Piaf, Maurice Escande, etc. Une scène de danse.
 
 La Garçonne
  1957. France. De Jacqueline Audry.
  Troisième adaptation du livre " La Garçonne ", de Victor Margueritte. Avec Andrée Debar dans le rôle de Monique. La chanteuse Colette Mars, qui joue le rôle de Michette dans le film, chante "La Garçonne", musique de Jean Wiener et paroles d'Albert Willemetz.
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Réédition
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Titre
 La Garçonne. etc.
Date
1958
Label
 Columbia. France.
collection
Super 45 tours.
Type
 EP 45 rpm. 17 cm. 02'19"
Référence
ESRF 11 21 // 7 TCL 762
Orchestre
 Jo Moutet. Chant : Colette Mars.
Contenu
  Face A : 1.- La Garçonne. 2.- La danseuse étoile.
  Face B : 1.- Si tu crois. 2.- Je n'sais pas danser.
Notes
 Cette version de "La Garçonne" a été éditée en 1957 sur un SP SCRF 263.
 
 La Garçonne
  1987. France. De Etienne Périer.
        La Garçonne.
1987. France. De Etienne Périer.
Téléfilm. Sortie en 1988. 2 fois 120 minutes.
Quatrième adaptation du livre " La Garçonne ", de Victor Margueritte. Musique de Claude Bolling.

    Avec Raymond Pellegrin, Roland Bertin, Marie Trintignant, Valérie Lemoine, Nadina Alari, Françoise Arnoul, Andrea Ferreol, Jean-Piere Kalfon, Maxime Leroux, Daniel Mesguich, Philippe Nicaud.
    A la veille de son mariage avec Lucien Vigneret, Monique Sorbier surprend son fiancé en galante compagnie dans le cabinet particulier d'un cabaret. Elle décide alors de rompre et de « vivre sa vie », en dépit de ses parents qui ne voyaient dans ce mariage qu'une affaire financière. Monique, devenue une décoratrice à la mode, accumule les liaisons avec tous les hommes qui lui plaisent tout en entretenant une amitié particulière avec une actrice. Quand elle se retrouve face à Lucien, elle accepte de vivre avec lui, mais l'expérience est désastreuse, car son ancien fiancé est devenu jaloux et brutal...
 
 Le temps des garçonnes
  1982. France.
  Série Les Brigades du Tigre, saison 5, épisode 2.
 
 Garçonnes
  2013. USA. CM. De Pascal Perich.
  Sortie le 16 février 2013. En français. Avec Brandee Sanders (Stella).
 
La Garçonne dans la chanson
 
      De très nombreuses chansons ont pour titre "Garçonne", ou "La Garçonne". Dans la plupart, le mot garçonne est devenu un nom commun pour désigner une fille au comportement proche de celui des garçons. Quelques-unes sont plus liées au sujet historique :
  - En 1922, le chanteur Georgel chante une chanson intitulée " La Garçonne ", qui la décrit, non sans ironie, telle qu'on l'imagine dans le roman de Margueritte.
  - En 1935, Suzy Solidor, actrice, mannequin, chanteuse connue pour sa défense de la liberté sexuelle des femmes, et qui a joué dans le deuxième film " La Garçonne ", chante un autre texte également intitulé " La Garçonne ". On peut écouter la chanson et voir l'extrait correspondant du film sur youtube.
  - En 1936, dans le film de Jean de Limur, Edith Piaf chante " Quand même ", de Jean Wiener et Louis Poterat, dans le but de séduire l'héroïne Monique. Le texte est sans équivoque :
" Mes sens inapaisés, / Cherchant pour se griser, / L'aventure des nuits louches, / Apportez-moi du nouveau. / Le désir crispe ma bouche. / La volupté brûle ma peau… ". C'est aussi une apologie de l'alcool ete de la drogue. On peut écouter la chanson et voir l'extrait correspondant du film sur youtube.
  - En 1957, la chanteuse Colette Mars, qui joue le rôle de Michette dans le troisième film, chante "La Garçonne", de Jean Wiener et Albert Willemetz. Elle l'enregistre chez Columbia, avec l'orchestre de Jo Moutet (EP. 45T. ESRF 1121, 02'19").
 
Paroles de la chanson "Quand même"
 

Le bonheur quotidien,
Vraiment, ne me dit rien.
La vertu n’est que faiblesse
Qui voit sa fin dans le ciel.
Je préfère la promesse
Des paradis artificiels.

Je sais qu’à la porte d’un bar
Où j’aurai bu jusqu’à l’extrême,
On ramassera quelque part
Mon corps brûlé sur un brancard.
Je bois quand même…

Que sous la drogue lentement,
D’extase en extase suprême,
Je m’approche implacablement
Du sombre asile des déments.
J’en prends quand même…

Je sais qu’en la femme fatale,
Dans les bras d’un amant trop blême,
S’infiltrera l’horrible mal
Dont on crève au lit d’hôpital.
J’aime quand même…

Mes sens inapaisés,
Cherchant pour se griser
L’aventure des nuits louches,
Apportez-moi du nouveau.
Le désir crispe ma bouche.
La volupté brûle ma peau.

Je sais qu’à la porte d’un bar
Où j’aurai bu jusqu’à l’extrême,
On ramassera quelque part
Mon corps brûlé sur un brancard.
Je bois quand même…

Que sous la drogue lentement,
D’extase en extase suprême,
Je m’approche implacablement
Du sombre asile des déments.
J’en prends quand même…

Je sais qu’en la femme fatale,
Dans les bras d’un amant trop blême,
S’infiltrera l’horrible mal
Dont on crève au lit d’hôpital.
J’aime quand même…
 
La Garçonne dans le tango
 
La garçonne
     
Genre : Tango - Date : ± xxx - Musique : Cipolla, Antonino Adelino - Paroles : Bastardi, Francisco - Edition : xxx - SADAIC : xxx - ISWC : xxx -
     Enregistrement original : Date : 07/12/1923 - Lieu : Buenos Aires - Orchestre : Osvaldo Fresedo - Chant : instrumental - Durée : xxx - Label : Victor - Enregistr. acoustique - Type : 78 tours. 25 cm - Disque : 77 101 - Matrice : BA 333-
Compilation
 CD : Club de Tango. "Osvaldo Fresedo, vol 4", piste 03. 03'08".
 
La garçonne
     
Genre : Tango - Date : ± 1934 - Musique : Courquin, Georges - Paroles : Charmeroy, Maurice - 
     Enregistrement original : Date : 1934 - Lieu : France - Orchestre : A.-J. Pesenti. - Chant (refrain) : Nita Garcia. - Durée : n/d - Label : Columbia - Collection : noire - Type : 78 tours. 25 cm - Disque : DF 1383 - Matrice : xxx - Album : xxx
 
Melenita a la garçonne (La coiffure à la garçonne)
     
Genre : Shimmy - Date : ± xxx - Musique : Martinez Serrano, Luis - Paroles : Martinez Serrano, Luis - Edition : xxx - SADAIC : xxx - ISWC : xxx -
     Enregistrement original : Date : 1930 - Lieu : Buenos Aires - Orchestre : Francisco Canaro - Chant (refrain) : Luis Díaz - Durée : xxx - Label : Odeón (CL) - Type : 78 tours. 25 cm - Disque : 4653 A - Matrice : 5931 -